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Gym'Après CancerAprès un cancer du sein
Les données récemment publiées portant sur l'impact de l'activité physique dans six cohortes de femmes porteuses d'un cancer du sein localisé et non évolutif, femmes suivies sur plusieurs années après la fin du traitement, révèlent une association entre l'activité physique démarrée après le traitement du cancer et une diminution du risque relatif de décès par cancer du sein mais aussi lié à d'autres causes. Une activité physique de 2 à 3 heures par semaine d'intensité modérée est associée à une réduction de près de 40% du risque relatif de décès par cancer du sein. Le bénéfice en termes de survie globale à 5 et à 10 ans est alors de 4 à 6 %. Ce gain de surive en cas de pratique de l'activité physique au décours des soins pour cancer du sein existe en analyse multivariée intégrant les facteurs pronostiques classiques tels que l'âge, le stade tumoral, la présence de récepteurs hormonaux, le lieu de résidence, l'alcoolisme ou le tabagisme, l'Indice de Masse Coroporel, le statut hormonal de la personne et de la tumeur.

Après un cancer colique
Les données récemment publiées de six cohortes de patients porteurs de cancer coliques non métastasés et contôlés avec un suivi portant sur l'évolution et la pratique d'une activité physique après les traitements, retrouvent une corrélation entre suivi global et spécifique et la réalisation d'une activité physique modérée à intense. Une activité physique de 3 à 4 h par semaine d'intensité modérée est associée à une réduction de près de 40 % du risque relatif de décès par cancer du côlon mais aussi lié à d'autres causes.

Autres effets bénéfiques
Le rôle bénéfique de l'activité physique sur la fatigue et la qualité de vie a été démontré chez les patients atteints de cancer, pendant ou après les traitements, dans plusieurs essais thérapeutiques et méta-analyses avec un haut niveau de preuves.

La fatigue
Elle touche environ 80 % des patients tout au long de la prise en charge d'un cancer. Elle peut apparaitre dès le début de la maladie (50% des cas) et durer (chez presque 30 % des patients) plusieurs mois voire années après la fin des traitements, alors que la maladie est considérée en rémission complète. Ce symptôme retentit sur la qualité de vie et conduit à un cercle vicieux d'auto-agravation. Ses causes sont multiples. Cependant, à distance des traitements, une des causes les plus fréquentes de fatigue correspond au déconditionnement physique pouvant survenir dès le début de prise en charge et durer très longtemps après la fin des traitements. Ce déconditionnement est favorisé par les traitements, la prise de poids, la perte de masse musculaire, la douleur, voire parfois par l 'attitude sur-protectrice de l'entourage. Le traitement de la fatigue passe en priorité par la recherche d'une cause pouvant bénéficier d'un traitement spécifique (préventif ou curatif : douleur, dénutrition, correction d'une anémie, dépression...). Depuis une dizaine d'années, de nombreux travaux ont montré avec un très haut niveau de preuves (plusieurs méta-analyses d'esssais randomisés) que la pratique d'une activité physique régulière permettait de diminuer le niveau de fatigue d'environ 25 à 30 % et, hormis la correction de l'anémie, l'activité physique est le seul traitement qui a montré une telle efficacité.

La qualité de vie
Comme pour la fatigue, depuis une dizaine d'années, de nombreux travaux ont montré avec un très haut niveau de preuves (plusieurs méta-analyses d'essais randomisés) que la pratique d'une activité physique régulière permettait d'augmenter la qualité de vie, et ceci dans toutes ses composantes. D'autres effets de l'activité physique sont aussi suggérés dans plusieurs études, mais ils nécessitent encore des études randomisés portant sur des échantillons de grande taille pour obtenir un haut niveau de preuves : amélioration de la condition physique (capacités aérobies, force musculaire des membres supérieurs et inférieurs), diminution de la masse grasse et gain de masse musculaire. Les données actuelles mettent en exergue le rôle de l'activité physique pendant et après le traitement d'un cancer. Son rôle apparaît de plus en plus important dans la prise en charge des patients pendant et après cancer.

Martine Duclos Praticien hospitalier, professeur des universités, Laboratoire de nutrition humaine, INRA UMR 1019, Université d'Auvergne.
Service de médecine du sport, CHU G. Montpied, Clermont-Ferrand - Données issues de la Revue EPS #359. Déc. 2013. issn 0245-8969. p. 38-39.

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