Les théoriciens de l’éducation physique

Pierre de Coubertin (1863 - 1937) :

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L’apôtre de l’élitisme :

Pierre de Fredi - Baron de Coubertin - n'a jamais joué que pour gagner...
Pierre de Coubertin (1863 - 1937) :

Issu d’une famille fortunée et à la suite d’études chez les très disciplinés Jésuites, Pierre de Coubertin découvre l’Angleterre à 20 ans, en 1883. Il y fréquente l’aristocratie oisive et rencontre en son sein un nouveau mouvement plébiscité par les jeunes : le sport.

Pour son théoricien anglais, le Pasteur Arnold Thomas (1795 – 1842), le sport est d’abord un moyen de contrôler la vie collective : il impose le respect de codifications et de la hiérarchie, tout en demandant sens de l’initiative et des responsabilités, et goût de l’effort.

Pour Coubertin, la formation sportive des dirigeants devient l’explication du dynamisme et de la puissance de l’Angleterre à cette période. Aussi, de retour en France, il multiplie la création de clubs sportifs dans son milieu avec succès. Porté par son élan, il décide de faire du sport le rouage essentiel de la vie scolaire.

Il se heurte alors aux médecins et aux scientifiques qui s’opposent aux efforts extrêmes induits par la compétition, aux républicains qui dénoncent le peu de morale d’un « sport » déjà gangréné par l’argent et qui ne profite qu’aux riches, et enfin aux anglophobes, revanchards depuis des siècles…

En 1888, le jeune Coubertin est évincé de la « Commission Marey », chargée de réviser les programmes d’enseignement de la gymnastique. Il tente de lancer un « comité pour la propagation des exercices physiques dans l’éducation » (le Comité Jules Simon), puis un « Conseil supérieur de l‘EP », mais sans succès.

Pierre de Coubertin décide alors d’une part de rejoindre l’Union de Sociétés Françaises de Sports Athlétique (USFSA) qui réunit les clubs les plus prestigieux de France, d’autre part de mettre une partie de sa fortune dans la balance : il lance une « Revue Athlétique » et utilise le réseau USFSA pour convaincre recteurs, préfets, maires et industriels de l’intérêt du sport. C’est à cette période qu’il propose le rétablissement des jeux Olympiques.

Ce lobbying paye : en 1895, l’USFSA détient l’exclusivité des rencontres scolaires. Paradoxalement, cela signera sa fin : dès 1902, la toute nouvelle éducation nationale républicaine a repris la main face à ce qu’elle considère comme le cheval de Troie du sport professionnel dans le milieu scolaire. L’éducation physique et le « sport » vont désormais suivre deux voies bien distinctes.

Malgré une dernière tentative à la faveur d’un rapprochement avec l’Hébertisme (la « Gymnastique utilitaire »), Pierre de Coubertin abandonne définitivement – et non sans amertume – l’éducation physique à la République.

Il se consacrera alors aux Jeux Olympique, avec le succès financier qu’on lui connait.

Il apparait donc clairement de nos jours que la fameuse maxime « L’important, c’est de participer » n'est non seulement pas de lui, mais en plus ne représente pas du tout sa pensée.

Homme de méthode, Coubertin a failli réussir à transformer l'éducation physique en vaste championnat élitiste.

 

Source : 150 ans d’EPS


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