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Le sport dans les politiques de développement, un outil à forte valeur ajoutée

thèmes : Société
Le 23 décembre 2010

Cet article est issu de la réflexion lancée par Sport et Citoyenneté dans le dernier numéro de sa revue trimestrielle (décembre 2010).
Le sport dans les politiques de développement, un outil à forte valeur ajoutée

"Le sport, mis au service de l'éducation, du développement et de la paix, peut favoriser la coopération, la solidarité, la tolérance, la compréhension, l'insertion sociale et la santé aux niveaux local, national et international" (document final du sommet "Tenir les promesses : unis pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement").

En un peu moins d'un mois, le sport a été doublement mis à l'honneur par les Nations unies en tant que vecteur d'éducation, de santé, de développement et de paix. Quelques semaines à peine après le sommet sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), la 65e assemblée générale des Nations Unies a ainsi adopté le 18 octobre 2010 une résolution reconnaissant le pouvoir du sport pour atteindre ces objectifs d'ici à 2015.

Une légitimation qui permet aujourd'hui au sport de s'imposer comme un outil pertinent dans les politiques de développement. Les raisons invoquées sont multiples : de par son universalité, le sport permet de transcender les frontières nationales, culturelles, socio-économiques et politiques, ce qui est loin d'être négligeable dans un contexte international multipolaire.

Sa capacité à créer du lien entre les hommes et les communautés peut également contribuer à unifier des personnes de différentes origines et concourt à la cohésion sociale. Sa transversalité, associée à sa puissance médiatique, lui permet en outre d'être actif sur des questions essentielles de développement : la santé, l'éducation, la construction de la paix, les situations d'urgence ou encore l'aide humanitaire.

Pour autant, le sport en lui-même n'est pas le remède universel à tous les problèmes. Il constitue même parfois un miroir aux alouettes où peuvent se nouer tensions, corruption et trafics en tout genre. Le sport doit donc s'intégrer, en tant qu'outil à forte valeur ajoutée, dans un ensemble plus vaste de pratiques de développement, dans un projet durable où le renforcement de la capacité des bénéficiaires et des chaînes de valeur sur le long terme sera privilégié.

Cela nécessite une approche coordonnée et efficace de l'utilisation du sport comme vecteur de changement social ainsi qu'une meilleure définition des sphères d'intervention des différentes parties prenantes (publiques et privées). Une évaluation des initiatives sur le long terme voire une réglementation des actions de développement par le sport permettrait peut-être de favoriser cette coordination et d'assurer une meilleure utilisation des aides fournies.

Enfin, et dans un contexte international fragilisé, le sport mérite d'être davantage intégré dans la réflexion globale des acteurs internationaux. Alors que l'Union européenne s'interroge actuellement sur les instruments financiers à mettre en œuvre pour son action extérieure après 2013(1), c'est une bonne occasion de le rappeler.

Sylvain Landa, think tank "Sport et Citoyenneté"


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